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Navarrenx | 64 

Sur cette commune atypique avec une forêt couvrant 30 % de son territoire et dont elle est propriétaire pour l’essentiel, gérée par l’ONF comme pour la plupart des forêts communales, les élus portent une attention particulière à ce patrimoine naturel, ce bien commun ainsi nommé par l’élue référente avec comme point de mire la transmission…

Dans le Béarn dit des gaves, la bastide de Navarrenx dispose de belles forêts communales, sur une superficie de plus 170 hectares (soit 1/3 de la surface communale)  dont près de  90 % appartiennent à la commune et  relèvent du régime forestier français en termes juridiques et sont gérés par l’Office National des Forêts (ONF) conformément au code forestier, ce qui implique que sa  gestion est planifiée via des plans d’aménagement forestier sur environ 20 ans dont le dernier a démarré sur la commune en 2019.

« … Et là je me dis qu’il y a de gros enjeux  et notre territoire est concerné »
Toutes ces informations, Marjorie Chopin, élue à la commune de Navarrenx  en a la  connaissance, mais  lorsqu’elle devient référente forêt en 2023, elle s’attelle au sujet  pour mieux le cerner : « Peu familière avec les forêts, même si comme  tout citoyen je regarde autour de moi que la forêt est en train d’émerger à travers  des films, des livres, les media,  je vois aussi qu’elle est de plus en plus l’objet de convoitise par  l’industrie, il y a des projets autour de chez nous et là je me dis qu’il y a de gros enjeux  et notre territoire est concerné.»


« …On ne coupera pas d’arbres pour financer un budget en déficit…»
 Lectures sur la forêt, formations,  incertitudes et préoccupations y attenantes, Marjorie Chopin les  partage avec le conseil municipal, l’objectif étant de monter en compétence collectivement, précise l’élue en  nous rappelant  son point de vue économique  sur la gestion de la forêt communale,  tout en faisant référence à une dernière coupe qui avait été importante : « Cela a beaucoup rapporté à la commune, tant mieux,  mais cela doit rester une exception. On ne coupera pas d’arbres pour financer un budget en déficit ou fixer des recettes en fonction de la forêt, on ne doit pas voir la forêt dans cette optique-là. Les recettes forêt doivent  alimenter  les dépenses forêt. C’est aujourd’hui des dépenses et des recettes dites de fonctionnement dans le budget communal.»


Un dialogue permanent avec le gestionnaire de la forêt
Comprendre la forêt - pour notre élue -  c’est d’abord prendre le temps de s’y  promener, observer,  décrypter  les paysages, les sols (tassés, secs, à découvert…) s’interroger sur les pratiques, les manières de faire autrement, construire des alternatives, préférer la régénération naturelle… Les étapes d’apprentissage se succèdent à partir d’échanges avec  différents interlocuteurs dont l’ONF : « le dialogue, la réflexion  avec le gestionnaire forestier est  depuis le début  permanent et direct, cela permet d’avancer ensemble vers les prises de décisions dont je prends, en tant qu’élue, ma part de responsabilité. On n’a pas dévié du  plan d’aménagement forestier sachant que  la  marge de manœuvre communale est uniquement au niveau de l’exécution… Prochainement, je vais avoir à  acter un complément au plan d’aménagement, afin de faire  sortir quelques parcelles prévues à la coupe  faisant partie du reliquat de la forêt ancienne. Suite à l’inventaire réalisé dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communale, celui-ci a mis en avant que l’on était en présence d’une très vieille forêt qui n’avait pas été  prise en compte au préalable.»


« C’est un bien commun  que nous nous devons de transmettre…»
Une description des lieux s’impose pour mettre en avant les caractéristiques de la forêt communale de Navarrenx,  constituée de quatre îlots pourrait-on dire : l’un composé d’espèces autochtones, proche de la forêt originelle  avec des chênes pédonculés et des hêtres occupant une surface de plus de 40 hectares  (soit ¼ des forêts de la commune) ;  une plantation de chênes rouges d’Amérique essence introduite  dans les années 50-70 à partir d’un programme porté par l’État, planté sur une lande naturelle ; un troisième îlot  correspondant à une  plantation de thuyas introduite également et enfin un dernier espace constitué d’un mélange d’essences. Une forêt diversifiée, à la fois naturelle et façonnée par l’homme qui, pour notre interlocutrice, constitue le  patrimoine naturel de la commune, au même titre que le  patrimoine historique : «  Elle est multi-usage, elle a une utilité sociale, elle est un réservoir de biodiversité… C’est un bien commun  que nous nous devons de transmettre, notre mission en tant qu’élus s’inscrit dans le passage de relais,  la transmission.»

 


Les trois coups ! Selon Marjorie Chopin






> Coup de chapeau : « à l’échange, à la confiance, que les personnes  rencontrées m’ont témoigné  pour avancer,  que ce soit l’ONF, notre technicien forestier, Daniel Pons,  le réseau d’alternatives forestières … où chacun s’autorise à ne pas savoir, ou ne pas être en maîtrise.»



> Coup de main : « à travers “Avenir Biodiversité Feuillus“, association locale à laquelle j’appartiens, qui  peut donner un coup de main aux élus qui se posent des questions… Et il y a aussi l’association “des communes forestières“ qui ont une légitimité aujourd’hui  et qui donnent des opportunités d’échanges, autant d’élus autant de regards…»




> Coup de projecteur : « J’ai une approche un peu technicienne, j’ai été sensible au livre de Gaëtan du Bus de Warnaffe  “Pour une gestion écologique des forêts“. Il apporte à la fois des réponses concrètes et rappelle les fondements, ce qui permet de construire des argumentaires et de pouvoir échanger… »


Commune de Navarrenx : https://www.ville-navarrenx.fr

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REDACTION

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