Lussagnet-Lusson | 64
Au nord-est du département des Pyrénées-Atlantiques, Lussagnet-Lusson, compte moins de 200 habitants, et dans cette commune qui cultive la gratuité pour les associations organisatrices d’événements à but non lucratif, le Festival Forêts d’ICI y est attendu avec enthousiasme. Tour d’horizon du village avec pour guide son maire…
Hier, appartenant aux coteaux du Béarn, aujourd’hui au Vic-Bilh, Lussagnet-Lusson se situe au nord-est du département des Pyrénées-Atlantiques. À travers le témoignage familial de Michel Laborde, élu maire depuis 1983 alors qu’il n’avait que 26 ans, l’édile remonte le temps : « Chaque ferme ici avait des bois, des vignes, faisait son vin… Dans notre famille c’est mon grand-père qui a démarré cette activité, avant lui son père avait une activité de chevaux de remonte, destiné à l’armée, on est au début du XXe siècle… »
« Bien qu’aux portes du Madiran, le vignoble n’a jamais bénéficié de l’appellation »
Agriculteur à la retraite, Michel Laborde évoque également les paysages et l’activité encore agricole du village : « C’est une commune de presque 180 habitants, si quelques habitants travaillent aux alentours, elle est encore agricole. On y cultive traditionnellement le maïs, mais d’autres cultures ont commencé à le remplacer comme le colza ou le tournesol. La vigne était cultivée autrefois sur les coteaux. Bien qu’aux portes du Madiran, le vignoble n’a jamais bénéficié de l’appellation. Depuis quelques années, les parcelles se sont transformées en friche, demain peut-être il y aura des forêts… Si Lussagnet-Lusson dispose d’une vingtaine d’hectares de terrains communaux mis en fermage, elle n’a pas de forêt communale, seulement quelques lopins ou parcelles de bois, présents dans des zones très pentues, près d’un ruisseau… ce sont bien souvent des refuges à sangliers.»
La salle communale, un lieu de fêtes, de rencontres et … d’activités…
La vie du village est rythmée autour de trois rendez-vous : la fête du village début octobre, le 14 juillet et la désormais Saint Patrick au printemps qui pour tous se déroule en grande partie dans la salle municipale, tout comme les activités sportives de boxe thaï et de gymnastique pendant l’année. «La nouvelle salle communale a vu le jour en 2017, entre la mairie construite en 2012, et l’ancienne salle des fêtes qui avait été réalisée à la force du poignet des élus et habitants de la commune. Il nous fallait concevoir un espace aux normes, accueillant, avec des équipements modernes en termes de lumière, sonorisation, vidéo… pour répondre aux besoins de la commune mais aussi avoir un lieu de rencontre où l’on puisse faire la fête, fêter un événement familial … »
… destinée également à l’animation des territoires
Ouverte aux habitants du village, elle est aussi louée gracieusement aux associations et c’est dans ce contexte que la commune accueillera le festival “Forêts d’Ici“ le dimanche 18 octobre. « Si elle est destinée aux habitants, elle ne leur est pas exclusivement réservée, il faut rappeler qu’elle a été financée comme toutes, par des fonds d’État, de départements… Enfin, à travers la gratuité pour les associations, il s’agit de soutenir l’animation des territoires.»
Et pourquoi accueillir le festival Forêts d’ICI ?
« C’est un sujet qui peut intéresser les habitants du village mais pas seulement, ce sont les habitants aussi d’ailleurs qui viendront, qui feront la réussite de l’événement. Pour ma part, j’ai envie d’apprendre des choses sur les forêts, le sujet est parfois à polémiques… Il y a des usages qui vont se créer et c’est difficile de prendre position, de bien comprendre l’enjeu. Parfois, on peut s’interroger sur ceux qui portent les projets… ils sont déterminés par quelles ambitions ? Quel est l’objectif ? J’ai l’impression que c’est un moment où on cherche un peu ce que l’on peut faire …d’où mon intérêt pour la journée du 18 octobre… En tant que maire, j’y serai bien sûr.»
> « Et vous, à titre personnel, quelle est votre relation à la forêt ? »
« Mon souvenir est la plantation des pins Laricio de mon grand-père qui avait été planté l’année de ma naissance en 1957. Ils étaient tout petits, l’ONF lui avait donné. Quand j’étais enfant, c’était un merveilleux espace de jeux, au début il y avait des ronces, mais plus la plantation prenait de l’âge, plus les ronces disparaissaient… Il y avait au sol un tapis d’aiguilles de pin magnifique et un pigeonnier. La senteur de résine y était aussi forte, je me souviens. Cette plantation d’un hectare et demi n’a pas résisté à la tempête de 99, alors je me pose la question faut-il aller chercher des choses que la nature n’a pas naturellement installées, la seule plantation par terre lors de la tempête, c’était uniquement la mienne ! »
Lussagnet-Lusson : www.lussagnet-lusson.fr



