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Argelès-Gazost | 65

Après avoir mis en place un ciné-club dans un petit village haut perché d’une vallée, des passionnés de cinéma créent en 2015, à quelques kilomètres de là, un festival de cinéma, dont les œuvres projetées ont un lien étroit avec la musique. La volonté des organisateurs est de s’adresser à un plus large public de la ruralité et de sensibiliser les jeunes à aller au cinéma et tout cela dans une ambiance festive. La prochaine édition se tiendra du 20 au 22 mars prochain.

Dans la petite mairie de Saint Savin (65), petit village de 400  habitants dans la vallée des Gaves, le ciné-club avait son succès, avec pas moins de 60 personnes par projection, rassemblant de nombreux cinéphiles. Et,  c’est donc presque tout naturellement qu’en 2015, la dizaine de bénévoles  décide d’aller à quelques kilomètres  de là et de  créer  le festival Cinéziq avec l’ambition d’attirer les petites vallées alentour et au-delà.  « On voulait combler les appétits des cinéphiles du coin et on a choisi Argelès-Gazost qui présentait les infrastructures nécessaires –cinéma, théâtre…-. L’envie était aussi d’avoir une approche originale, d’où l’idée qui s’est tout de suite imposée, de proposer uniquement des films qui ont un lien avec la musique » raconte Jean Pacholder - coprésident de Cinéziq, association qui porte le festival.

L’éducation des jeunes à l’image comme objectif
Dans cette aventure, la volonté de s’adresser aux jeunes prend une place importante tenant  en grande partie  à l’équipe associative, qui compte des enseignants de cinéma  -en activité et à la retraite- dont certains  ont créé dans les années 2000, une option cinéma audiovisuel au Lycée de Bagnères-de-Bigorre. En s’appuyant sur le festival, l’objectif est de donner aussi envie aux jeunes d’aller voir des films avant et pendant l’événement,  mais aussi d’apprendre à parler des films.
Une vingtaine d’interventions sont ainsi prévues  en amont du festival, dès septembre, auprès de cent cinquante jeunes  du collège de Pierrefitte-Nestalas,  mais aussi à Argelès-Gazost   auprès  du  Lycée et de l’Espace jeunes. Les formes d’approches sont différentes : à travers des projections de films inscrits au programme du festival  à venir, il s’agira de désigner celui qui obtiendra le label  : « film choisi par les collégiens » ; pour l’Espace jeune, l’approche se fait sur le long terme, à savoir un  vendredi par mois l’association propose un film : « je garde cette certitude que le cinéma sur grand écran, dans un cadre collectif  et non sur un téléphone est une ouverture sur le monde. L’émotion collective, palpable ou pas, ouvre à la possibilité de l’échange. C’est notre volonté  d’amener les jeunes vers le cinéma et à en parler après, au-delà du j’aime, je n’aime pas. On a quelques outils pour que ça puisse marcher… »

Aux côtés des organisateurs des structures impliquées
Depuis le début, le festival repose toujours sur la même équipe : Cinéziq, organisateur de l’événement assurant  la coordination et la sélection des films tout au long de l’année ;  l’association locale “Impact“ qui aide les associations à mettre sur pied des événements, et qui, ici, assure  l’organisation des concerts pendant le festival. Car si le festival lie cinéma et musique, l’événement propose aussi des concerts tous les soirs sous un grand chapiteau avec des groupes locaux et d’ailleurs,  proposant différents styles –jazz, accordéon, chant lyrique…- et cette année, du post-punk, de l’électro et de la musique tsigane -
Autre complice, le petit théâtre de la gare, qui ouvre ses portes, une semaine avant l’événement,  aux musiciens en résidence pour la création d’une musique originale qui accompagnera le ciné concert  -sur le film de Buster Keaton-  le vendredi soir et celui du dimanche après midi, rendez-vous de plus en plus appréciés par les habitués du festival.

Des institutions locales convaincues par la nécessité d’événements culturels
D’autres  partenaires sont présents :  le cinéma Le Casino de la ville, cinéma d’art et d’essai de plus de 200 places  et  le Parvis Scène nationale de Tarbes qui joue un rôle de conseil dans la sélection,  facilite l'accès aux diffuseurs de films et prend en charge la partie technique. La ville également  met des lieux et ses équipes techniques  à disposition pendant plusieurs jours. « Nos partenaires locaux sont fidèles. À travers  l’implication de tous, on voit que la culture sur nos territoires,  éloignée des villes et souvent oubliée financièrement, y est indispensable.  Amener la culture dans des endroits moins accessibles est un choix politique, c’est le refus de l’individualisme. Et si on ne peut pas avoir un opéra avec des chanteurs ici, le  cinéma permet d’accéder ensemble à des  chefs-d’œuvre » précise Jean Pacholder.

Qualité et équilibre budgétaire en  point de mire
Comme tous les ans, les organisateurs souhaitent rassembler le plus grand nombre de spectateurs. En 2025, sur les 3 jours, 1700 entrées  ont été vendues sur le principe de la  participation libre et bien sûr indispensable, qui vient se rajouter aux subventions de la communauté de communes, du département et de la région : «  Notre objectif est de rester à la hauteur de nos éditions passées en termes de qualité et d’équilibrer notre budget, qui est une condition pour  notre avenir. Pour l’instant, la volonté des institutions locales nous permet  d’y croire. Nous allons pour cette édition interroger les spectateurs sur leur lieu de provenance.»

L’édition 2026 aura lieu du 20 au 22 mars, avec un programme  très attractif de quinze films, réalisés entre 2022 et 2025  :  des biopics – sur Patti Smith, Ravi Shankar, Joan Baez, Michel Legrand…-   des documentaires,  des animations et aussi des fictions dont “Siràt“.  Si  les réservations ne sont pas conseillées,  sauf pour le ciné concert du dimanche 22, les capacités d’accueil semblent atteindre bientôt leurs limites… La rançon du succès !
Nous leur souhaitons.

A noter qu’en dehors du festival, Cinéziq est aussi présent toute l’année à travers le ciné-club de campagne à Arras-en-Lavedan, qui offre la possibilité au public des vallées de voir des films tout au long de l'année.

 


Les trois coups ! Selon Jean Pacholder





> Coup de chapeau : «  Cette aventure n’existerait pas, s’il n’y avait pas dans le coin des personnes qui ont à cœur de faire ensemble et cela pour de multiples raisons, artistiques, politiques dans le sens où il y a un vivier de gens qui considèrent que l’accès à   la culture doit être  favorisée quelles  que soient les circonstances. Un projet comme cela n’existe que grâce à une complicité presque biologique, sans faire allusion à une orientation  politique, il y a des gens qui ont confiance dans l’action collective, c’est un climat…qui fait cela. À quoi cela tient ? »


> Coup de main : « Celui que vous nous donnez en  parlant de nous, et les médias  locaux nous suivent, la Dépêche et la radio avec Fréquence Luz…  Celui que l’on peut donner… dire notre disponibilité  pour rencontrer des personnes qui veulent aller dans ce type de projet en ruralité… »



> Coup de projecteur : « Je choisis le documentaire qui fait partie de la  sélection et qui est  consacré à Ravi Chankar, C’est un  joueur de sitar indien le plus renommé au monde,  ambassadeur de la musique indienne. Il représente un monde disparu et le monde contemporain, il fait un pont entre l’Inde coloniale et celle  d’aujourd’hui… Sa musique a inspiré les grands compositeurs européens, comme les Beatles… Le réalisateur du doc devrait être parmi nous pour un échange.»


Festival Cineziq : https://www.cineziq.com

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REDACTION

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