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Vic-en-Bigorre | 65

Lors de la 13ème édition du festival Art’Terre, des étudiants en BTS proposent sur un espace de 80 m2 une expérience immersive en forêt. Au cours de cette balade éducative et accompagnée, les sens du visiteur sont mis en éveil. L’objectif ? Créer la surprise, le dialogue et pourquoi pas susciter l’émerveillement. Zoom sur une autre façon de découvrir la forêt.

Depuis 13 ans le festival Art’terre est proposé au printemps par  le Lycée  agricole et forestier Jean Monnet (classes de la 3ème à la licence) situé à Vic-en-Bigorre à l’attention de ses habitants et des alentours. Cet événement qui se déroule dans l’établissement  et dans les lieux culturels  et sociaux de la commune met en avant le travail des élèves et étudiants du Lycée, encadré par leurs enseignants et des intervenants durant une semaine à travers des ateliers, des activités ludiques, des conférences, des rendez-vous culturelles et artistiques.


Sensibilisation à l’environnement et volonté de tisser des liens
Les étudiants en 2e année BTS gestion et protection de la nature  sont la cheville ouvrière de l’événement : «  C’est un projet  qui nécessite des mois de préparation pour  notre promo. Les premières années y participent également. Nous pensons l’ensemble du programme,  sa mise en place, le choix des intervenants, les  relations avec les partenaires du territoire, le budget, les financeurs… En associant  l’art, l’environnement et le territoire, l’objectif est certes une sensibilisation à l’environnement et également  de tisser des liens, de se rencontrer, de nourrir les interactions sociales locales » précise Sascha Vittoz, approuvé par Neil Voile à ses côtés.


Rendre visible ce qui pourrait passer inaperçu dans la réalité  
A chaque édition, le festival explore un thème. Cette année  « Rêver la terre » a amené nos deux étudiants et leurs collègues  Elsa Pouvelle et Paul Bayet à imaginer et concevoir un lieu, une véritable  forêt, sans se soumettre  dans un premier temps aux contraintes de faisabilité, de finances… :  «  Notre idée était d’offrir une reconnexion avec la nature, dans cet espace limité, à partir d’une forêt reconstituée sur 80 m2 dans laquelle le visiteur – de l’enfant à l’adulte- se baladerait en découvrant par l’observation des détails qui  passeraient peut-être inaperçus en situation réelle. Et on voulait un parcours rythmé par le jour et la nuit… » raconte avec engouement Neil.


Du scénario aux premières contraintes de faisabilités
Si la démesure prend place au tout début, les étudiants vont taper aux bonnes portes et se confronter à la réalité, gagner en pragmatisme sans perdre en créativité : «  le scénario que nous avons réalisé nous plaisait bien, restait à le mettre en place. Nous nous sommes rapprochés de l’école des Beaux arts de Pau, de deux étudiantes en sortie d’étude dont  Lola Sanagustin et nous avons construit  le projet avec elle,  son apport technique a été essentiel. Il nous a permis de penser sa concrétisation. On a dû laisser tomber la location de trois conteneurs… pour une mise en scène dans des salles de classe, bien plus faisable » soulignent nos deux interlocuteurs, conscients de la démesure du projet initial.


Ils et elles  l’ont rêvé et ils et elles  l’on fait !
Une fois le projet bouclé sur le papier, une semaine de mise en place a été nécessaire pour transformer trois  salles de cours communicantes en salle immersive offrant  un univers forestier : «  On a eu besoin de partenaires locaux  pour constituer le sol et les plantes, et de temps pour réaliser les  décors – feuillage sur les murs, blocs de pierre au sol – choisir  les sons, le matériel de projection des images de forêts diffusées pendant la balade… ». Dans ce parcours, les indices disposés vont réveiller tous les sens du visiteur – le toucher, pour découvrir ce qui se cache dans les  petites boîtes obscures  – mousse, coquilles d’escargots… ; l’odorat en humant  des odeurs – de champignons, de romarin… - enfermés dans des pots cachés…


« On souhaitait  la surprise, et cela a bien fonctionné… »
Avant de rentrer dans la salle, le visiteur doit se prêter à une dégustation qui lui donne l’accès à la salle, accompagné par les  étudiants - amateurs scénographes : « On souhaitait  la surprise, et cela a bien fonctionné que ce soit auprès des tout jeunes, de  près d’un an aux personnes de 75 ans.  Tout le monde s’est prêté au jeu, en respectant le lieu… Les groupes comprenant dix personnes au maximum pouvaient se disperser dans les salles à leur rythme, nous étions là pour guider, discuter, informer, aider à découvrir ces petites choses qui ne nous semblent pas avoir d’importance dans la forêt et que l’on a souhaité mettre en avant … C’était passionnant »  


Un lieu éphémère ? Pas tout à fait…
Pendant le festival, près d’une centaine de personnes est venue  visiter ce lieu-forêt  qui malheureusement devait avoir une fin  au regard notamment de toutes « les matières vivantes » mises en scène  comme l’indique Neil : « On a pensé à ouvrir le lieu  plus longtemps  mais  cela demande une présence,  il y a nos examens et stages prochainement, c’est donc difficilement envisageable ». Toutefois la  réalisation de  ce lieu  éphémère pourrait avoir un avenir ici ou ailleurs, demain ou lors d’un prochain festival car elle  a été entièrement mise par écrit -de sa conception à sa mise en place-  afin de pouvoir être répliquée précise Sascha : « Cela me semblait naturel de transmettre notre démarche en actant toutes ses phases. Ce projet peut à nouveau reprendre vie à travers le document que  j’ai écrit.»

 


Les trois coups ! Selon Sascha Vittoz et Neil Voile






> Coup de chapeau : « Sans hésiter à Lola Sanagustin qui a permis la réalisation du projet, sa gestion, ses idées, sa technique… »



> Coup de main : « On a apprécié le coup de main de deux élèves collés pendant la semaine de mise en place… ils sont arrivés à un moment où on avait un coup de barre et ce renfort auquel on ne comptait pas nous a reboostés au bon moment …»




> Coup de projecteur : sur le film « Le chant des forêts »  qui a été diffusé le samedi du festival au cinéma de Vic-en-Bigorre ; là aussi, les sens étaient en éveil… et puis le thème de la transmission  qui pour nous est important, déterminant aujourd’hui… y est très fort. »


Lycée agricole et forestier Jean Monnet : https://formagri65.fr/lycee-jean-monnet

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REDACTION

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